Chapelle romane Notre Dame d'Andelot

Historique

La date de fondation de la chapelle d'Andelot est inconnue. Elle apparaît, pour la première fois dans un terrier daté de l220 comme étant l'église d'un prieuré dépendant de l'abbaye de La Chaise-Dieu.

À la différence des prieurés dits « conventuels », ce petit prieuré, dit prieuré « simple », avait pour vocation non seulement d'évangéliser la région proche mais aussi d'approvisionner en produits agricoles l’importante communauté de l'abbaye-mère.

Le fief relevait de la châtellenie de Gannat. Un certain Jean de Gannat rendit hommage en 1326 pour des prés, cens et rentes sur la paroisse de La Chapelle d‘Andelot. Puis du début du XVIe siècle à la fin du XVIIe siècle

Elle est achetée au début du XVIIIe siècle par Joseph Ribauld de La Chapelle, receveur de ferme du roi à Gannat.

En 1569, la paroisse avec son « ancienne église », son prieuré et sa cure, comptait 24 feux. À la Révolution, son clocher est abattu, les quelques moines du prieuré partis d'eux-mêmes ou expulsés. La commune de Vensat (Puy-de-Dôme) se retrouva, de fait, propriétaire de l'église.

La commune vendit l'église à des agriculteurs en 1844. Elle fut alors utilisée comme grange et des dégradations diverses endommagèrent l'édifice.

Elle fut achetée en 1847 par Madame veuve de La Chapelle, qui y réalisa quelques réparations urgentes et la rendit au culte. Depuis sa mort en 1854, quatre propriétaires du château et de l’église se succédèrent jusqu'à nos jours.

Son classement en 1925 l’a sauvée de la démolition et a permis le lancement de plusieurs campagnes de travaux dont le rôle a été en partie positif, mais dont la mise en œuvre sera à revoir dans le cadre de la présente campagne de restauration. Vidée de ses objets et décors intérieurs, l’édifice présente aujourd’hui un dénuement qui ne choque pas au regard de la très grande sobriété de son architecture.

Une nouvelle série de travaux complémentaires fut entreprise par les services publics en 1933. Depuis lors aucune autre restauration n’a été engagée, le coût élevé des réparations ayant fait reculer les propriétaires successifs.

Une architecture romane caractéristique

La nef à trois vaisseaux s’étend sur trois travées de longueurs inégales. Dans le prolongement du vaisseau central, un espace carré couvert d'une coupole sur trompes à l'auvergnate ouvre sur une partie droite allongeant vers l'est l'abside d’axe et sur deux absides latérales perpendiculaires à celle-ci, se raccordant de façon biaise aux bas-côtés nord et sud. Le tout forme ainsi un chevet tréflé dont le plan, peu courant, se voit aussi à l'église de Montfermy (Puy-de-Dôme).

En élévation, l'abside centrale est décorée intérieurement d'une arcature sur mur bahut dont trois arcades sont percées d'une baie (celle du centre ayant été hélas remaniée par un agrandissement au XIVe siècle). Ce type de décor architectural raffiné n'existe que partiellement dans les absides latérales.

La nef est composée de trois vaisseau : un vaisseau central voûté en berceau continu dépourvu de fenêtres hautes et supporté par de grandes arcades en appareil très soigné : et deux bas-côtés voûtés en demi-berceau reposant à hauteur de chaque pile sur doubleaux extradossés d'un mur diaphragme de faible hauteur. Le contraste entre l'unité de volume du vaisseau central et le cloisonnement nettement marqué des bas-côté est très fort, mais l'éclairage provenant des absides, du mur occidental de la nef et des bas-côtés donne à l'ensemble une impression de grande fluidité de l'espace.

Les chapiteaux, au nombre de 49, ont des corbeilles à décor végétal, étalé sur une, deux ou plus rarement, trois collerettes, et sont presque tous taillés en réserve, avec les feuilles creusées en cuvette. Ce décor, relativement fruste s'apparente de loin au modèle corinthien.

Les modillons soutenant les pierres de corniches sont à enroulement à copeaux, parfois associé à des têtes animales ou humaines.

C'est sans doute depuis le sud-est de la chapelle, d'une prairie qui la domine, que l'on a la vue d'ensemble la plus complète, dans son environnement pastoral, du bâtiment avec sa nef couverte de lauzes, son chevet tréflé à colonnes-contreforts, son massif clocher carré.

Conservation et restauration

Les propriétaires actuels ont dans un premier temps évacué les très nombreux pigeons et installé des croisillons au niveau des fenêtres afin d’en bloquer l’accès.

Après avoir nettoyé et enlevé la multitude de déchets et d’encombrants, ils ont fait bâcher une partie du toit en brique qui s ‘effondrait et arraché les mauvaises herbes qui envahissaient la toiture.

L’état sanitaire des parties hautes (couverture de lauzes, voûtes et charpente) est mauvais et requiert une intervention prioritaire. Des développements de mousses et de moisissures sur les maçonneries intérieures et les sols indiquent la présence de remontées capillaires qu’il convient également de traiter avant toute restauration des façades et revêtements intérieurs.

La DRAC s’est déplacée à deux reprises sur le site en mars et en juillet 2019, le dossier est en cours d’instruction.

La sécurisation de l’entrée principale par dépose des lauzes instables et bâchage a été effectuée début août 2019  par une entreprise qualifiée, en prévision d’un mariage qui a été célébré dans la Chapelle le 24 août.

Les mesures d'urgence en préalable aux travaux de restauration concernent par ordre de priorité :

- la sécurisation de la rive maçonnée de la façade occidentale

- la dévégétalisation, la sécurisation des couvertures des bas-côtés, des chapelles et de la nef (dépose de lauzes instables en conservation) et la protection par bâches lestées

- la mise sous surveillance (témoins plâtre et jauges Saunier)

Ces travaux ont été réalisés début mars 2020 et ont été achevés  à l’issue du confinement.

L’étude de diagnostic vient de s’achever sous la conduite de Monsieur Pierre DUFOUR, architecte en chef des bâtiments historique (comme préconisé par les services de la Conservation Régionale des Monuments Historiques).

La chapelle d’Andelot, ancienne église de Vensat, datée du XIIe siècle, présente un grand intérêt patrimonial à l’échelle régionale et nationale. Elle mérite la plus grande attention quant à sa conservation et à sa restauration.

Une association loi de 1901 : Association de sauvegarde de la Chapelle d‘Andelot (A.S.C.A.) a été créée afin de mobiliser le plus grand nombre autour de ce projet de sauvetage. (Formulaire d’adhésion à disposition). La chapelle est ouverte au public depuis aout 2020.

Ouverture au public

Ouverture en juillet
les 3-4-5 juillet
du 10 au 14 juillet
les 24-25-26 juillet

Ouverture en août
Tous les jours 1 au 15 août
et du 21 au 31 août

Ouverture en septembre
Ouvert le week-end et les lundis en septembre

Horaires : 10h30-12h30 14h30-18h30

Adresse : La Chapelle, rue d’Andelot, 63260 VENSAT

Accueil : portail devant la Chapelle, sonner à l’interphone

Ouverture pouvant évoluer selon la situation sanitaire

Masque obligatoire pour les plus de 6 ans

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